Contactez-moi pour animer vos conférences et formations. Formulaire de contact

Translate

09 mai 2018

Les notifications nous rendent accros


Nous sommes sensibles aux notifications répétées de nos outils modernes. Qu’elles soient auditives ou visuelles, nous réagissons au moindre stimulus. La force de ces notifications est d’autant plus importante qu’elle est renforcée par leur répétition à toute heure du jour, et de la nuit, pour ceux qui dorment avec leur smartphone ou tablette. Si ce n’est pas votre cas, ne croyez pas que ce soit une exception, car selon une étude réalisée par Deloitte en 2017, 47 % des utilisateurs de smartphone consulteraient leur écran en pleine nuit.

Les notifications visuelles activent le cortex sensoriel et le lobe pariétal, ainsi que le cerveau reptilien. Toute modification de notre environnement dit à notre cerveau qu’il doit réagir. La couleur rouge utilisée par les applications pour notifier l’arrivée d’un nouvel événement fait réagir notre cerveau de primate qui voit là l’opportunité d’acquérir quelque chose. Il y a quelques milliers d’années, notre ancêtre chasseur-cueilleur utilisait de tels réflexes pour se nourrir ou protéger sa famille. C’est un réflexe de survie. Aujourd’hui, les mêmes réflexes excitent les mêmes zones cérébrales, mais dans un but cette fois de cueillir de nouvelles informations fraîches sur des sujets qui nous intéresse et, peut-être encore plus important, notre besoin (presque vital pour certains) de ne surtout rater aucune info en relation avec son groupe. L’appartenance sociale à un groupe est fondamentale. Qu’il s’agit d’un groupe réel ou virtuel. La dimension sociale est très importante, car c’est par les liens aux autres qu’on obtient des indications de statut social et de réussite. L’homme existe au travers du regard des autres. On comprend alors pourquoi l’information récemment partagée et disponible doit être connue, likée, repartagée aussi rapidement que possible, avant que soit traitée l’information suivante.

Même à quatre heure du matin entre deux phases de sommeil, l’individu n’est pas seul, isolé au milieu du désert, mais en constante interaction avec des groupes de personnes (parfois isolées comme lui), mais virtuellement présents et actifs. Des personnes qu’il connaît exclusivement par le lien numérique, et peut-être certains, par de vrais liens relationnels à l’ancienne. L’époque des poignées de mains viriles et de la tape dans le dos est désormais remplacée par les likes, les retweets, les pins et autres +1. Il est devenu commun de vivre plusieurs choses à la fois, d’être avec quelqu’un tout en partageant des choses avec les autres éloignés, de multiplier les actions multitâches, au risque de ne rien faire de façon complète et correcte. Nous avons souvent tendance à oublier que notre cerveau ne peut faire bien qu’une seule chose à la fois. Il est séquentiel, et non multitâches. Or, les notifications, et actions qui en découlent créent un comportement multitâches aux actes dispersés. De quoi nous laisser supposer que nous sommes capables de gérer plein de choses en même temps. Encore une belle occasion de tomber dans le biais cognitif de l’ignorance de notre incapacité à résoudre des problèmes simples. En clair, on croit être capable de bien faire les choses, mais en y regardant de plus près, nous avons mis plus de temps que nécessaire et nous avons commis des erreurs qui auraient pu être évitées si nous avions été plus attentifs.

On aura toujours à gagner à mettre les notifications en veille et à éteindre son smartphone avant de se coucher. Une bonne nuit réparatrice entretiendra la mémoire, alors que l’utilisation des écrans, et encore plus des notifications contribuera à fractionner le sommeil. Ce n’est pas parce que vous avez reçu une notification que vous êtes obligé d’aller la voir, et encore moins d’y répondre tout de suite. Pensez aussi à désactiver la synchronisation automatique pour limiter les moments où vous êtes dérangé par votre smartphone.


Plongez au coeur des neurosciences avec "Tous irrationnels - Votre cerveau vous joue des tours"



Partagez cet article sur les réseaux sociaux pour le commenter.

LES AVEZ-VOUS VU ?