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16 mars 2018

Et si tout était relatif...


Nous ne cessons de comparer les choses entre elles. Produits alimentaires, biens de consommation, qualité de service… nous mesurons, évaluons et comparons en permanence les objets qui nous entourent. Nous évaluons aussi les rapports aux autres, qu'ils soient présents ou absents. Nous sommes aussi conscients qu'ils nous évaluent sous de nombreux angles. Cela conduit parfois à penser aux jugements qu'ils peuvent porter sur nous par rapport à nos actions les plus simples, telles que notre façon d'être habillé, notre coupe de cheveux ou le niveau de propreté de notre voiture.

La plupart des gens ne se voient pas comme des personnes moyennes, mais elles se sentent différentes des autres. Parfois, nous avons l'impression d'être supérieurs aux autres, à d'autres moments ce sera le contraire. Cependant, nous avons une nette tendance à nous sentir uniques, différents. 

Les humains définissent leurs différences par rapport aux multiples comparaisons qu'ils réalisent lors des interactions sociales.

D’une part, nous voulons ressembler aux autres, mais nous ne voulons pas leur ressembler trop. Nous recherchons la différence, car nous aimons être uniques. Nous avons tendance à penser que les autres sont beaucoup plus différents de nous qu’ils ne le sont réellement. Ainsi, nous avons l'impression que nos émotions sont plus fortes que celles des autres, ou qu’ils ne peuvent ressentir les émotions avec la même intensité que nous. Nous espérons donc que les autres verront nos émotions alors que nous ne pouvons pas voir les leurs.

D'autre part, certains aiment montrer leurs différences au point de les exagérer. En portant des habits parfois très différents des codes de la mode, en cultivant l'image d'une personnalité originale ou créative, par l'intermédiaire d'actes pouvant être considérés comme rebelles par les autres, ils affirment leur caractère unique. 
La relativité influence nos choix 

La relativité a un impact sur notre capacité à trouver des solutions aux problèmes de la vie de tous les jours. Nous avons besoin d'une base de référence. Une fois que nous avons acheté quelque chose à un prix, nous gardons un souvenir de ce prix en mémoire. Nous nous en servirons comme référence la prochaine fois que nous devrons comparer le prix d'un produit similaire. Cela est valable également si nous devons trouver une solution pour réaliser quelque chose, ou pour éviter que quelque chose de négatif ne se produise. Nous avons tendance à nous conformer à ce qui a été fait dans le passé.

Si le choix validé, et accepté par d'autres, s'est révélé déboucher sur une issue positive, alors il peut devenir une règle informelle. Il est même possible que cette règle soit formalisée par la suite dans un règlement destiné à tous. Cependant, ce choix peut être en contradiction avec un règlement officiel en vigueur, ou contraire à ce qui devrait être fait. En effet, certains comportements mis en place et acceptés par d'autres peuvent être erronés ou intolérables. Si le choix effectué dans le passé s'est révélé être un mauvais choix, nous aurons plus tendance à comparer de nouveau les paramètres à prendre en compte pour effectuer un nouveau choix. La comparaison sera nécessaire pour être sûr de ne pas se tromper.

Nous le faisons tous, qu'il s'agisse d'un simple achat d'une paire de chaussettes, d'un téléviseur, ou pour un investissement beaucoup plus important tel que celui de l'achat d'une maison. Si nous avons été déçus par la qualité du produit, par le service après-vente du magasin qui nous l’a vendu ou par le relationnel avec nos interlocuteurs, nous aurons envie de comparer les produits proposés par les autres vendeurs et prestataires de services avant de nous engager de nouveau. Cette comparaison sera peut-être plus stricte et mieux réfléchie.

Nos actions modifient nos préférences. Une fois que nous avons choisi quelque chose, nous avons tendance à valoriser notre choix, et à dévaloriser les autres options.

À l'origine, nous avions peut-être longtemps hésité avant de prendre une décision. Mais ce comportement nous conforte dans notre choix. Cette particularité de la rationalisation de nos choix a été étudiée par Leon Festinger, de l’université de Stanford. La difficulté de devoir choisir entre plusieurs options crée un inconfort psychologique. Les aspects positifs et négatifs de chaque choix possible s'entrechoquent à un point tel qu'il peut arriver de ressentir une vraie détresse psychologique. La réévaluation des choix après la décision permet de confirmer le choix final. L’auto validation de notre choix sert à éliminer les tensions liées au stress de la décision. La confirmation de la décision définitive nous fait du bien. Une fois que le choix est effectué, nous ressentons plus de plaisir pour l'option que nous avons choisie. Les options rejetées génèrent moins de plaisir. Ce principe est connu sous le nom de dissonance cognitive.

Notre niveau de satisfaction est relatif à ce que nous percevons chez les autres.

Nous avons l'impression de bien gagner notre vie si la comparaison avec ce que les autres gagnent nous semble supérieure à notre avantage. Cela est valable pour de très nombreuses situations dès le plus jeune âge. Il suffit d'observer les comportements des enfants au pied du sapin de Noël au moment de la distribution des cadeaux. Souvent, la satisfaction des enfants est relative au nombre de cadeaux reçus et à la taille de ceux-ci. J’ai parfois l'impression que cela tourne à la déchéance dans certains cas. La course à celui qui a le plus de cadeaux est à rapprocher du comportement de l'adulte qui invite un maximum de personnes sur les réseaux sociaux. Avoir le maximum d'amis semble être une source de bonheur pour certains. Mais plus que le nombre, c'est la comparaison avec les autres qui fait la différence. Ce principe s'applique dans l'ensemble des situations de la vie, avec des niveaux d'intensité variable en fonction de chacun de nous.

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