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17 novembre 2017

Influence des croyances sur notre perception du monde


L’homme est un animal capable de s'adapter aux évolutions de la société qu'il a créée. Mais sa société est complexe. La vie est rendue difficile par une organisation de plus en plus sophistiquée, de nombreuses règles changeantes et une trop grande proximité avec les autres individus. L’homme partage son territoire avec un nombre considérable de ses concitoyens. Cette proximité crée des tensions, ce qui favorise l'apparition de comportements antisociaux et agressifs. [Morris, 1971]

Les premières croyances répertoriées par les historiens vont de pair avec les premiers regroupements humains. On associe souvent les croyances avec la religion, ou des dogmes pseudo-religieux. Il y en a d'autres, directement liées à notre état mental et à notre système de perception.

Les croyances contribuent à déformer notre perception du monde, parfois de façon considérable. Certaines croyances sont tellement ancrées dans l'esprit des gens qu'ils semblent vivre la totalité de leur vie sur une autre planète avec d’autres références. Le filtre à l'origine des distorsions est particulièrement fort chez les personnes se sentant investies d'une mission divine. 

Une idée fixe mobilisant une grande majorité des ressources cérébrales contribue également à provoquer un aveuglement de la personne. Une partie de la réalité semble s'effacer. L'individu ne voit plus que ce qu'il a envie de voir, ou ce qui concerne directement l'objet de ses pensées. 

Les croyances peuvent être à l'origine d'une incapacité à penser sereinement, tout en imposant
un mode de pensée dirigé et fortement subjectif.

Les croyances agissent chez les enfants dès les premières expériences de la vie. La culture et l'éducation accentuent leur influence par un apport massif, et la pose de filtres parfois indélébiles.

Les expériences et préjugés

La vie est une perpétuelle expérience. Nous ne cessons d'apprendre, car nous vivons constamment de nouvelles choses. Chaque expérience est utile, dès le plus jeune âge et jusqu'à la fin de la vie. Les expériences sont à l'origine de nos premières croyances, et ce dès la naissance. Même quand nous avons l'impression de vivre la même routine quotidienne, au bureau ou à la maison, nous continuons d'apprendre. Chaque expérience nous apporte des données complémentaires que nous utilisons pour confirmer des choses que nous savions déjà, ou pour infirmer des choses que nous pensions connaître. La répétition permet la mémorisation et l'optimisation des processus mentaux qui rendent plus rapides et plus efficaces nos actions dans le futur. La multiplication des interactions favorise le développement de notre cerveau et la capacité à nous sentir à l'aise dans les relations sociales. Nous apprenons donc énormément de choses grâce à toutes nos expériences. Nous avons vu que pour comprendre une situation, nous avons besoin de l'interpréter. Nous avons parlé des nombreuses déformations liées au processus de perception. La mémoire humaine étant particulièrement faillible, elle ajoute à son tour une nouvelle couche de distorsions notamment par l'oubli et la création de faux souvenirs. Ce que nous savons du monde, nous l'avons appris par notre éducation, notre culture et nos très nombreuses expériences de la vie. Le processus de déformation est tellement important que notre carte du monde ne peut être que la nôtre. C'est ainsi que naissent les préjugés. 

Les préjugés sont des croyances irrationnelles. 
Fondés sur quelques observations, sur un ressenti, ils n'ont pas de valeur scientifique. Ils nous aident à nous guider dans nos choix en nous offrant des raccourcis. 

Nous avons tous des préjugés sur les autres ou sur des situations. Nous sentons que quelque chose va se produire d'une certaine façon, ou que quelqu'un va réagir d'une autre façon. C'est le flair du vendeur qui est capable de repérer un client potentiel avant même de lui avoir adressé la parole. Guidé par ses préjugés, le vendeur va orienter le client dans une certaine direction. Parfois, cela fonctionne, d'autres fois les résultats sont nettement moins bons. L'expérience du vendeur lui a appris qu'un certain profil de clients répond plus favorablement qu'un autre. Les préjugés du vendeur peuvent aussi se retourner contre lui. Il est possible qu'il se dise « je ne vais pas perdre de temps avec ce client, cela se voit qu’il n'a pas l'argent ». Et le vendeur passe à côté d'une occasion de faire une belle affaire ! 

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