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10 juillet 2017

Le secteur de la formation en pleine disruption positive


Le secteur de la formation serait-il en train d'évoluer à grands pas ? La réponse est probablement un grand "OUI!". L'Effet Macron et les 15 milliards promis par le nouveau président pourront-il transformer le paysage actuel de ce secteur laissé dans un état désastreux par la réforme Hollandaise de 2015 ?

Pour rappel, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la formation a été boostée par le Travailler plus pour gagner plus. Ce leitmotiv du président a été favorable à tout le secteur de la formation, pour la plus grande satisfaction des salariés. Mais la présidence Hollande est passée par là et l'édifice s'est effondré. La réforme de la formation visant à faire des économies a profité à quelques grands organismes nationaux, et a détruit des milliers d'emploi chez les plus petits. En quelques années, j'ai perdu des milliers de partenaires: centres de formations, cabinets RH, formateurs. Les plus chanceux se sont restructurés et/ou changés d'activité, les autres ont déposé le bilan. On peut vraiment utiliser le mot "carnage" pour définir cette situation. Une catastrophe financière et humaine.

Il y a quelques mois, j'écrivais que le futur de la formation sera numérique. Je ne pensais pas à ce moment que la transformation serait aussi rapide.

J'ai vu arriver les formations en e-learning en 2008-2009. Certaines formations réalisées sur ordinateur ont remplacé les formations en présentiel. C'était surtout le cas pour la bureautique et les langues. En ce qui me concerne, j'ai commencé à travailler à distance à partir de 2010, via Skype. Les premières formations en vidéo-conférences étaient un peu expérimentales et assez rares. En 2013, elles représentaient 7% de mon activité. En 2015, un peu plus de 20%; et presque 50% en 2016. Au premier semestre 2017, presque 90% des formations sont réalisées en vidéo-conférence! La progression est énorme. Sur une base horaire, cela représente presque 9 heures sur un total de 10 heures. Mais ce n'est pas le plus surprenant.

La typologie des clients à changé

Il y a quelques années, les clients étaient presque exclusivement des particuliers, ou des TPE et petites PME. Aujourd'hui, les demandes viennent de partout, de tous les types d'entreprises y compris des grands groupes français et internationaux.

Le mode de financement aussi à changé

Avant, la quasi totalité des entreprises utilisaient la voie traditionnelle des OPCA, avec ou sans subrogation. A la belle époque du DIF et des formations open-bar (j'exagère un peu mais on n'en était pas loin), les entreprises et les salariés venaient en formation sans débourser un centime. Mais c'était avant.

Depuis la réforme, le financement est plus strict et les budgets plus serrés, si bien que les entreprises et les salariés se tournent vers d'autres modes de formations aux fonctionnements différents

En France, les organismes de formation et les formateurs connaissent les délais de paiement à rallonge dû en partie à l'intervention des OPCA. Il savent qu'ils seront payés à 30 jours fin de mois, souvent avec de multiples relances malheureusement nécessaires. Juste à titre d'anecdote, l'année dernière, j'ai du relancer 11 fois un grand groupe français pour obtenir enfin le règlement d'une facture. Il a fallut 6 mois pour être payé. C'est inadmissible, et c'est pourtant une dure réalité pour beaucoup de prestataires. Bref, c'est parfois pénible de travailler dans ces conditions.

Dans beaucoup de pays, dont les USA où le marché de la formation est immense, lorsqu'une entreprise commande une formation ou un coaching, elle paie comme n'importe quel autre service. Les formations peuvent même faire partie des bonus accordés aux collaborateurs: "Venez travailler chez nous, vous travaillerez dans un environnement agréable, avec une bonne rémunération et de bonnes formations". Je n'ai pas le souvenir d'avoir vu l'élément formation autant mis en valeur dans les offres d'emplois en France.

Du coup, depuis 2013, je réalise des formations à distance en vidéo-conférence, sur le mode beaucoup plus direct. Concrètement, le client qui souhaite une formation ou un coaching paie avant la réalisation. C'est une condition essentielle. On ne parle plus des montants (parfois astronomiques) demandés pour des formations en présentiels par certains organismes, mais de forfaits simples et adaptés à tous : entreprises et particuliers: deux types de forfaits. Les particuliers payent 50% de moins que les entreprises.

Avec ce système, je constate que des grandes entreprises jouent le jeu. Tout le monde y gagne: gain temps, gain d'argent, des tarifs plus bas, aucun déplacement, plus de formations sur 2 ou 3 jours où on perd 50% du temps dans des activités ou discussion inutiles, des formations à l'heure (sans devoir bloquer une journée entière), plus d'interactivé, une continuité sur le moyen et long terme (sans restreindre la formation à une seule session de 1 ou 2 jours), la possibilité de poser des questions aux sessions suivantes, un contact personnalisé et régulier, etc.

En clair, les mentalités évoluent, les bienfaits de l'ubérisation de la formation sous l'angle disruptif: re-penser le système pour enfin avancer et faire des économies.

OUI, le secteur de la formation est en train changer!

Et l'évolution se fait dans le bon sens, mais ce ne sera pas forcément avec les mêmes acteurs que par le passé. Il y a maintenant des formateurs et des coachs capables de rivaliser avec les grands centres de formations et de proposer de nouveaux types services. Les clients ne paieront plus à 30 jours fin de mois, mais ils paient moins chers et ont vraiment accès à des formations personnalisées, ouvertes à tous et quand ils le souhaitent. Les principaux acteurs de la formation vont devoir évoluer dans ce sens, en proposant des solutions à distance, en vidéo-conférence et en e-learning informatique, sinon ils finiront aussi par mourir.


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