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03 juillet 2017

Faites-vous confiance à votre inconscient ?


L'architecture du cerveau est très complexe. Ces dernières années, la neurologie a fait des progrès très importants grâce à l'apport de l'imagerie cérébrale. Les IRM et autres techniques de scanner couleur 3D permettent aujourd'hui de voir en temps réel ce qui se passe dans le cerveau d'une personne lorsqu'elle interagit avec une autre, ou qu'elle est placée dans une situation donnée. 

Votre cerveau est très puissant, mais ne vous leurrez-pas: bien que très puissant, votre cerveau est aussi la première source de distorsion de la réalité!

L’INCONSCIENT : LE PILOTE AUTOMATIQUE

L'inconscient a fait couler beaucoup d'encre et inspiré de nombreux psychologues depuis Freud. La perception fait partie de ces processus inconscients qui guident nos vies. Une bonne partie des 99% de la puissance cérébrale est destinée au traitement des données parvenant par les organes des sens.

Notre cerveau conscient est lent. Il ne serait capable d'analyser que 4 à 5 informations relatives à un objet chaque seconde, ce qui est très lent. Alors que notre pilote automatique inconscient peut traiter jusqu'à 11 millions d'impressions sensorielles par seconde !

Nous perdons rapidement les pédales lorsqu'il y a trop d'informations à gérer consciemment. Les limites de notre concentration sont très étroites. Par contre, notre intuition est nettement plus performante pour gérer un flux important d'informations. Et c'est ce qui se passe lorsque nous sommes dans les rayons d'un supermarché. 

Notre pilote automatique fonctionne selon nos expériences passées. Nous nous dirigeons inconsciemment vers les produits que nous aimons. Nous ne réfléchissons pas. Nous suivons simplement notre intuition. Nous choisissons instinctivement les produits qui nous sont familiers. Une étude de l'université de Munster, en Allemagne, aurait montré que nous perdons la raison dès que nous nous trouvons face à nos marques préférées. Et pourtant, selon le psychologue Christian Scheier, nous ne serions pas vraiment manipulables. Nous agirions le plus souvent par intuition, ce qui ne fait pas toujours les affaires des grandes marques. Les stratégies marketing ne parviendraient pas toujours à nous faire dévier de nos habitudes. Il y aurait cependant une certitude : nous n'achetons pas ce que nous ne voulons pas. 

Des études ont montré que les décisions qui nous rendent plus heureux sont celles qui ont été prises en suivant notre intuition. Gerd Gigerenzer, psychologue et directeur du Max Plank Institute for Human Development à Berlin, estime que notre intuition est un bon guide dans les domaines pour lesquels nous avons accumulé beaucoup d'expérience. 

Nous avons façonné des stratégies mentales avec le temps et l'expérience. Cela a permis de mettre en place des automatismes efficaces pour gérer des problèmes complexes de la vie de tous les jours. Des actions qui peuvent paraître simples telles que rattraper une balle ; marcher dans la rue en évitant les passants tout en écrivant un SMS ; se verser un thé en répondant à une question... demandent d'avoir mis en place des automatismes pour être effectuées sans échec. 

Les automatismes permettent d'accélérer les mouvements, de les rendre plus précis, efficaces et performants. Les multiples ajustements se produisent inconsciemment lors de nos expériences, optimisant ainsi les actions à chaque étape.

Le traitement inconscient des émotions humaines 

Les informations visuelles traversent le nerf optique et sont traitées par le cortex visuel situé à l'arrière de notre cerveau. Cependant, quand nous sommes témoins d’émotions humaines (par exemple une personne peut sourire, pleurer ou avoir peur), le signal visuel ne suit pas le même chemin. Les informations visuelles sont traitées par l'amygdale située au centre de notre cerveau, et par d'autres structures cérébrales.

Selon les recherches menées par la neurologue hollandaise Beatrice De Gelder, des processus cérébraux nous permettent d'aller au-delà de la simple vision d'émotions humaines. Nous serions en effet capables de ressentir ces émotions grâce à des processus inconscients très souvent occultés par nos sens. 
Ses recherches montrent que nous pouvons ressentir des choses même quand nous n'en sommes pas conscients, et cela dépasse la perception des 5 sens que nous connaissons.

Notre inconscient est capable d'anticiper les risques à venir 

Le cortex cingulaire antérieur réagit lorsque nous ressentons une douleur. Aussi appelé "neurones de la douleur", il joue un rôle d'interface entre la cognition et les émotions. Il transforme nos sentiments en intentions et en actions. Contrôle de soi, concentration, reconnaissance de nos erreurs, apport de réponses adaptatives à des situations changeantes, il veille sur nous pour nous aider à agir et à réagir face à notre environnement.
Il réagit aussi quand nous sommes peut-être sur le point de faire une erreur. C'est ce qu'a montré Joshua Brown, chercheur en psychologie cognitive. Des personnes qui n'ont pas encore commis une erreur, et qui seraient sur le point d'en faire une, ont les mêmes activités cérébrales au niveau du cortex cingulaire antérieur que celles qui ont commis une erreur. L'activité cérébrale dans cette partie du cortex pourrait expliquer notre sens de l'intuition.


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