Désormais, la plupart des formations sont réalisées à distance.


✅Personnalisé ✅Efficace
✅Suivi dans la durée ✅Économique
✅Pratique ✅Sans vous déplacer



Translate

20 juillet 2017

Analyser les variations verbales: perfection et erreurs


Dans l'article "Analyser les variations verbale pour détecter les mensonges", j'ai parlé de la recherche de la perfection et de l'apparition des erreurs dans le discours. 
Voyons ces 2 points en détail. 

La recherche de la perfection


1. Réponses trop parfaites

Si votre activité professionnelle vous amène à rencontrer des commerciaux, vous avez sûrement déjà été dans une situation où le vendeur avait réponse à tout. Si ce n’est pas le cas, pensez à observer le prochain vendeur à domicile qui vous démarchera pour vous vendre une assurance ou un aspirateur. 

Quelle que soit votre objection, il apportera la réponse parfaite qui efface tous les doutes. Il fera tout pour vous rassurer. Or, une réplique trop parfaite est souvent le résultat d’une réponse préparée et répétée. Dans le cas du commercial, c’est même une certitude. Un bon commercial ne laisse rien au hasard.

Si la réponse est préparée et répétée, il y a peut-être un mensonge à découvrir. Il est possible qu’une partie de la réponse soit vraie, mais la réalité est souvent différente du monde tout rose et tout beau présenté par les vendeurs. Une dissimulation ou une exagération est un mensonge : à vous de les découvrir. Souvenez-vous qu’une réponse sincère contiendra toujours de petits détails incorrects et inutiles. Rien n’est parfait dans ce monde. Méfiez-vous des beaux discours ! 

2. Réponses trop complètes

Certaines personnes fournissent des réponses indirectes ou compliquées. Une caractéristique de ce type de réponses est de fournir plus d’informations que celles demandées. Cela peut révéler un besoin d’être cru. Qui a besoin par-dessus tout d’être cru ? Les menteurs ou les gens peu sûrs d’eux ! Quand les gens disent la vérité, ils n’ajoutent pas de petits détails sans importance. Si, en plus, le récit a lieu longtemps après les faits, il y a de fortes chances pour que les informations délivrées soient éloignées de la réalité. Les gens ont besoin de cohérence interne pour pouvoir continuer à vivre en accord avec leurs valeurs et évoluer dans la vie. Les souvenirs qu’ils gardent d’un événement passé sont souvent différents de la réalité vécue.

Il faut toujours faire attention à la fiabilité de ses propres souvenirs. De même, il faut redoubler de prudence lorsqu'il s’agit des souvenirs des autres, surtout sur les petits détails. D'autre part, si l’interlocuteur est connu pour parler beaucoup, apporter des réponses longues et complètes, il sera difficile d’identifier les réponses anormalement complètes. N’oublions pas aussi le problème de conformité de mémoire, surtout face à un groupe. Celui-ci apparaît quand plusieurs personnes ont raconté un récit à un groupe. Ceux qui ont écouté corrigent spontanément leur version et racontent à leur tour un récit proche de ce qu’ils ont entendu avant. 

En 1951, le psychologue Salomon Asch a publié les résultats d’une étude sur le conformisme. Cette étude a démontré que les individus préfèrent modifier leur récit pour correspondre à ce qui a été présenté par le reste du groupe, même si ce qu’ils disent est contraire à leurs perceptions. Si le récit des autres est trop différent de la perception de l’individu, il finit par douter de lui-même. Ce conformisme s’explique par le besoin de se rassurer et de s’intégrer au groupe.

Les erreurs


1. Lapsus

Le lapsus verbal, ou le fait de dire un mot pour un autre, est un indicateur qui a été mis en avant par Freud il y a bien longtemps ! Nous avons déjà parlé du lapsus emblématique, sur le plan de la communication non verbale. Le lapsus exprime une information cachée ou refoulée.

2. Grammaire et vocabulaire

On ne peut parler d’erreur sans parler de grammaire et de vocabulaire. Bien sûr, il est toujours possible de faire des fautes de langage. Personne n’est parfait. Nous communiquons de plus en plus vite, et on peut constater que les fautes de langage sont nombreuses dans la vie de tous les jours. En revanche, il existe des fautes qui apparaissent soudainement dans des cas précis d’inconfort. Si votre interlocuteur parle normalement, son discours est clair et structuré. Au moment où vous lui posez une question, vous constatez que son discours devient peu structuré, il y a des allers et retours sur le plan temporel, le présent et le passé se mélangent, etc. Il est possible que ces incohérences verbales soient liées à une tentative de manipulation ou de tromperie. N’oubliez pas d’analyser le comportement en relation avec le verbal.

Au niveau du vocabulaire, il y aura peut-être une distance dans le langage. L’interlocuteur veut garder une distance avec le sujet dont il parle. Cela montre que la personne ressent une émotion forte sur le sujet et qu’elle veut s’en écarter. 

Reprenons le cas de Bill Clinton : "I did not have sexual relations with that woman, Miss Lewinsky"  (Traduction : "Je n’ai pas eu de relations sexuelles avec cette femme, Mlle Lewinsky.")
Quand il dit "THAT woman" (cette femme), il prend très clairement une distance vis-à-vis d’elle. De même, si deux personnes utilisent un langage différent (des mots différents avec peut-être un style différent), quand elles parlent de la même chose, il est possible que l’information présentée soit construite. Ils n’ont peut-être pas vécu les mêmes choses. Dans ce cas, il est possible que l’une d’elles soit en train de mentir, voire les deux.

3. Hésitations et blocages

Les hésitations dans le discours, les pauses, les interruptions ou les blocages sont autant d’autres indicateurs. L’interlocuteur hésite, il n’est pas sûr de lui. Il réfléchit à ce qu’il va dire ou comment il va le dire. Il s’arrête subitement de parler, il ne trouve pas ses mots. La situation semble compliquée. Il n’y est peut-être pas préparé. Ces pauses, et les blocages, peuvent être longs et la fréquence variable. Tout dépend de la personne et de la situation. Il peut arriver que certaines personnes soient frappées par un mutisme qui les empêche de prononcer le moindre mot !
Des ponctuations peuvent apparaître : des mots tels que "ah…", "euh…", "hmm". La réponse n’a pas été préparée, la personne ressent un malaise, il y a aussi possibilité de mensonge. Cependant, les bons menteurs peuvent avoir préparé ces ponctuations pour rendre le discours plus convaincant. Le cas des bégaiements soudains : la langue dérape, le discours est haché. C'est l'expression d’un inconfort qui peut déboucher sur un mensonge.

4. Répétitions

Deux types de répétitions peuvent nous renseigner sur les tentatives de tromperie.
Lui : « As-tu mangé le gâteau ? »
Elle : « Non, je n’ai pas mangé le gâteau. »
Lui : « Où était le gâteau ? »
Elle réfléchit un instant : "La dernière fois que je l’ai vu, il était dans l’armoire… Oui, c’est bien cela, dans l’armoire, à côté des céréales."

1. Le premier type de répétition se trouve dans la réponse : "Non, je n’ai pas mangé le gâteau."
Elle répète le contenu de la question dans la réponse afin d’insister sur l’élément important pour elle. Si elle avait dit simplement "Non", elle aurait été plus convaincante.

2. Le second type rejoint les hésitations dont nous venons de parler. La répétition qui arrive juste après une hésitation doit attirer l’attention. Elle réfléchit à la réponse: elle construit un mensonge. Ensuite, elle tente un ancrage de sa réponse pour influencer son interlocuteur : 
"La dernière fois que je l’ai vu, il était dans l’armoire… Oui, c’est bien cela, dans l’armoire, à côté des céréales". Elle a répété deux fois "dans l’armoire", comme si elle voulait convaincre son marique le gâteau s’y trouvait bien. Attention, elle dit peut-être la vérité et elle l’a peut-être bien vu dans l’armoire, à côté des céréales !

Pas de conclusions hâtives, c’est une règle d’or !



Partagez cet article sur les réseaux sociaux pour le commenter.