Translate

21 avril 2017

La collègue toujours absente: Mais où est-elle ?!!!


Dans cette entreprise française, les collaborateurs sont engagés presque à vie. Certaines jeunes recrues quittent la société au moment de la retraite. À moins de commettre une faute très lourde, les départs involontaires sont rares. Cette organisation rappelant l'immobilisme soviétique m'a été présentée ainsi par Élodie, excédée de devoir travailler avec un boulet. Ce poids qu'elle traîne au quotidien, c'est Maria, une collègue avec qui il est devenu difficile de travailler.

Où est Maria ? Depuis qu'elle est devenue déléguée syndicale, elle passe beaucoup de temps hors du service. Elle doit cumuler son travail avec ses fonctions syndicales. Cela demande un peu d'organisation et a nécessité un aménagement de la charge de travail. Les locaux étant très grands, les temps de déplacement sont aussi un facteur important pouvant impacter le temps de travail.

Mais où est Maria ? À quelle heure arrive-t-elle le matin ? On dirait qu'elle n'est jamais là avant midi. Non, ce n'est pas possible, elle arrive forcément en même temps que les autres. Ses horaires de pointage sont tous les jours les mêmes. Elle arrive vers 9:30 et part le soir entre 17:00 et 18:00. Il lui arrive même de rester jusqu'à 20:00. Ses journées sont longues. Son activité parallèle semble lui prendre beaucoup de temps. Elle a pourtant obtenu un aménagement de sa charge de travail. Mais alors, que fait-elle et où est-elle ? Son bureau est toujours vide le matin alors qu'elle est censée être présente.

Mais bon sang, où est Maria ?! Le meilleur moyen de le savoir est de guetter son arrivée. Un matin, Élodie a réservé un petit bureau situé près de l'entrée principale. Ayant une vue plongeante sur l'accueil, elle la verra arriver et elle pourra la suivre dans les couloirs et savoir où elle se rend le matin. Élodie a attendu et attendu. Le temps lui paraissait très long. Finalement, elle voit Maria arriver après 12:00. Cette dernière a retiré son manteau en arrivant à l'accueil. Elle a passé son badge devant le lecteur et s'est dirigée calmement jusqu'à son bureau, le manteau sur le bras. La traversée des couloirs étant ainsi plus discrète que si elle portait son manteau sur elle.

Mais alors, comment est-il possible que les horaires indiqués dans le système de pointage soient différents ? La réponse est très simple : certains collaborateurs peuvent entrer les horaires manuellement. Cela permet d'éviter des problèmes de pointage en cas de dysfonctionnement de la badgeuse. C'est donc ce que faisait Maria tous les jours : elle corrigeait ses horaires d'arrivée et de départ... 

Étant déléguée syndicale, elle peut se déplacer plus librement dans les locaux que ses collègues, naviguant ainsi d'une activité à l'autre sans éveiller de soupçons. Personne ne lui demande où elle ne va ni ce qu'elle fait. Son ancienneté et le laxisme du management jouant en sa faveur, aucun collègue n'a remis en question le bien-fondé de ses actions. En plus, elle bénéficie d'une sorte d'immunité liée à la représentation syndicale.

Maria n'a pas pensé que ce petit abus serait un jour découvert…

À ma connaissance, rien n'a changé à ce jour. Élodie râle toujours sur Maria qui n'est "jamais là quand on a besoin d'elle !"...


Partagez cet article sur les réseaux sociaux pour le commenter.

LES AVEZ-VOUS VU ?