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04 mars 2017

Notre cerveau est social: les neurones miroirs

Darwin avait déjà remarqué qu'à la perception d'un signal pouvant présenter une menace, l'animal ressent une émotion le poussant à fuir. Ses congénères imitent la réaction et fuient à leur tour. L'émotion ressentie par l'un est visible, et partagée par les autres. 

L’imagerie cérébrale met en lumière l'activité du cerveau lors de nos interactions. Certaines zones s'activent lorsque nous communiquons avec les autres ou lorsque nous percevons des émotions chez les autres. 

Le cortex prémoteur s'active quand nous entendons quelqu'un raconter une histoire triste, notamment sur un ton douloureux. L'amygdale et les circuits impliqués dans la tristesse s’activent. Nous sommes prêts à réagir et cela se voit dans notre comportement. Un cri angoissant (perception du monde réel) produira aussi une réaction. Nous ressentons de l'angoisse en imaginant une situation. Celle-ci était pourtant le fruit de notre imagination. 

Nous pouvons parler de contagion émotionnelle automatique. Quand nous remarquons de la tristesse chez une personne, ou la voyons vivre une situation difficile, nous avons tendance à ressentir cette tristesse. Notre cerveau s'est développé en partie grâce aux interactions sociales. Le cerveau social combine les mécanismes orchestrant nos interactions, nos pensées et nos sentiments à propos des personnes et des relations.

Des chercheurs suédois ont montré que lorsque l'on voit une image de visages heureux et souriants, nous avons tendance à reproduire les mêmes expressions que celles présentées sur la photo. Cela est aussi valable avec les autres émotions fortes comme la tristesse ou le dégoût. Nous imitons ce que nous voyons de façon inconsciente. [Daniel Goleman]

Ces réactions préparent le cerveau à des actions appropriées.

LES NEURONES MIROIRS

Découverts par hasard dans le milieu des années quatre-vingt-dix par l'équipe de Giacomo Rizzolatti, neurobiologiste à l'université de Parme, les neurones miroirs nous permettent de mieux comprendre les comportements. 
Ces chercheurs ont découvert que lorsqu'un singe observait un autre singe en train de prendre une noix, les mêmes cellules nerveuses étaient activées chez l'un comme chez l'autre. Avant cette observation, les scientifiques pensaient que ces cellules nerveuses étaient uniquement activées chez celui qui saisit la noix.

La découverte est de taille. Elle a pu être reproduite de multiples fois chez l’homme.

De nombreuses recherches ont été menées ces dernières années. Elles ont montré que les neurones miroirs ne sont pas localisés à un endroit précis du cerveau, mais ils seraient présents un peu partout. Ils agiraient ainsi à différents niveaux de notre système cérébral. 

Ce système nerveux neurobiologique nous permet d'imiter une action. Les actions que nous observons chez les autres sont enregistrées par les neurones miroirs, nous permettant ensuite d'effectuer cette action. Nous sommes ainsi capables de nous synchroniser aux autres, de comprendre leurs comportements, et de ressentir de l'empathie. Ils servent à nous préparer à l'action en renforçant les connexions à notre cerveau moteur.

Plus une activation est répétée, plus le geste se fera naturellement et de façon automatique. Il deviendra simple et rapide à réaliser. Cette activation peut être uniquement mentale. Une simple visualisation est suffisante pour augmenter la vitesse d'exécution d'un geste de 20 à 30 % ! Imaginer le geste permet de créer et de renforcer cet automatisme. 

Les neurones miroir contribuent à synchroniser nos comportements. Le bâillement en est un bel exemple. Nous avons tendance à avoir envie de bâiller quand nous voyons quelqu'un d'autre bâiller. Nous imitons les comportements des autres automatiquement, ce qui nous permet de comprendre leurs actions et de réagir de façon appropriée. Quand nous voyons quelqu'un exprimer du dégoût, nous pouvons ressentir des émotions de dégoût, incluant des manifestations physiologiques telles que des hauts de cœur, de la transpiration, tachycardie, peur ou autres réactions psychosomatiques.


Une synchronisation automatique
Nous nous synchronisons automatiquement aux autres. L’Imagerie cérébrale révèle que les cortex préfrontaux de deux amoureux se synchronisent automatiquement et sans effort. Le cortex pré frontal est une structure fondamentale et complexe du cerveau. Il est chargé de gérer les informations entre les centres émotionnels et les centres de la pensée. Il relie le néocortex au bulbe rachidien. Ainsi, un long baiser amoureux provoque des émotions positives très profondes ayant notamment pour conséquence une diminution du niveau de cortisol (hormone du stress) et une augmentation des anticorps (réaction du système immunitaire).
À l'inverse, une dispute dans un couple a aussi des effets négatifs : accélération et irrégularité du rythme cardiaque, diminution des défenses immunitaires... [Boris Cyrulnik]

Les relations aux autres passent par une certaine forme de synchronisation nécessaire à la compréhension. Les neurones miroirs nous permettent d'améliorer les interactions avec nos interlocuteurs. Ainsi, il est plus facile de maltraiter ou de tuer quelqu'un qui ne nous ressemble pas (ou qui est différent) parce que nous ne le comprenons pas.

Le neuropsychiatre Jean-Michel Oughourlian réagit à cette découverte : « Au cerveau cognitif s'était ajouté un cerveau émotionnel. Et voilà que nous découvrons un cerveau mimétique ! » Lequel ajoute : « Notre intelligence mimétique déterminerait en fait toutes nos relations internes individuelles. »

Cette forme d'intelligence influence notre cerveau primitif. Cela contribue à générer des idées, à se rappeler des souvenirs et à produire des réactions en relation avec le sujet traité. L'influence sur les émotions est directe : elles seront positives si la relation est positive, et inversement. Enfin, il semblerait que les neurones miroirs soient aussi dotés d'une certaine plasticité.

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