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22 janvier 2017

Une technique pour détecter les mensonges

Prenez le temps d'établir le comportement de référence de l’interlocuteur. Une fois que vous connaîtrez ses habitudes de communication, vous serez prêt pour repérer et analyser les variations comportementales. Les situations d’inconfort et les gestes de réconfort qui les accompagnent peuvent apparaître à tout moment, mais plus spécifiquement lorsque la personne est stressée. Dans le cadre d’une réunion ou d’un entretien, une personne peut vite perdre ses moyens à cause d’un mensonge mal contrôlé, et laisser échapper de nombreux indicateurs comportementaux. Il faut être à l’affût du moindre élément pouvant vous apporter des informations sur le climat mental de votre interlocuteur à ce moment-là.

Étape 1 : poser les questions et observer

Vous avez établi une relation de confiance avec votre interlocuteur. La situation de confort est fragile et très instable. Il faudra tester cette instabilité dès la première question sur le sujet qui vous intéresse. Souvenez-vous d’un point essentiel : le menteur connaît une information que vous ne connaissez pas. S’il cherche à la dissimuler, à tricher en vous conduisant dans une mauvaise direction ou simplement si une question dérange, son système limbique réagira automatiquement. On ne peut pas tout cacher. Certains mots ont plus de poids que d’autres, surtout si l’on ment ! Ces mots clés sont connus de l’interlocuteur, car ils sont rattachés à des faits ou des actions. En les prononçant, ils deviendront des mots magiques qui déclencheront des réactions limbiques visibles.

Les questions doivent être posées une par une. Il faut procéder méthodiquement et ne surtout pas déverser plusieurs questions à la fois. L’interlocuteur serait perdu et vous ne seriez pas en mesure d’analyser les réactions. Pour chaque question, il vous faudra être très attentif aux réactions limbiques, ainsi qu’aux gestes d’inconfort et de réconfort émis en réaction à la question. Être attentif signifie surtout observer pacifiquement, sans être inquisiteur.

Étape 2 : réflexion avant la réponse

Il y a toujours un délai entre le moment où la question est posée et le moment où l’interlocuteur répond. La durée varie en fonction de la personne, de son état de fatigue, de la complexité de la question et d’un tas d’autres raisons. Toutes les personnes ne réagiront pas de la même manière face aux mêmes questions, dans les mêmes situations.

Néanmoins, certains comportements peuvent indiquer que l’interlocuteur ressent une perte de confiance. Par exemple, il peut être troublé, hésitant, sembler réfléchir longuement, peut-être qu’il vous demandera de répéter la question. Les gestes de réconfort peuvent apparaître très rapidement, comme s'accrocher à sa chaise avec ses mains ou ses pieds, frotter ses mains (ensemble, sur son visage, sur ses jambes, son cou, ses cheveux, etc.), se mordre les lèvres ou les lécher, etc.
Alors qu’il n’a pas encore répondu à la question, les changements émotionnels ont parlé pour lui. Ils vous ont indiqué qu’il se passe quelque chose dans sa tête. Il vous reste à savoir pour quoi il a réagi ainsi.

Étape 3 : la réponse

Lorsque l’interlocuteur cherche à dissimuler la vérité, des variations comportementales et verbales peuvent apparaître.
Sur le plan verbal, il peut y avoir un changement dans le style: les phrases anormalement longues ou au contraire courtes, un style indirect ou impersonnel (alors qu’auparavant il était direct), un changement dans le style des mots utilisés, des hésitations, des ajouts de petits mots inutiles et sans importance, etc.

Concernant le non-verbal, des gestes de réconfort accompagnés d’indicateurs trahissant l’inconfort, sont autant d’indices qui doivent attirer votre attention. La force de l’analyse est surtout présente dans les détails. Avec un peu d’entraînement, vous serez capable de repérer un délai anormalement court entre la fin de la question et la réponse apportée, ou mettre le doigt sur une variation vocale (une voix anormalement aiguë ou basse), ou un manque de conviction, etc.

Tous ces petits détails mis bout à bout vous indiqueront qu’il se passe quelque chose. Encore une fois, il est nécessaire d’accumuler un faisceau d’indices pour mettre en évidence qu’une personne ment. Mais retenez qu’il n’existe pas de preuve irréfutable.

Étape 4 : après la réponse

Quand on perçoit dans le discours de l’interlocuteur des indices nous mettant sur la piste d’un mensonge possible, il est tentant de se jeter dessus précipitamment, pour investiguer encore plus. 

Ceci est le comportement qu’il convient d’éviter. Une personne ment parce qu’elle pense qu’elle a de bonnes chances d’être crue. Dans un premier temps, il est préférable d’être le plus neutre possible. Ne pas montrer que vous doutez de sa parole. Souvenez-vous, vous avez établi une relation de confiance avec votre interlocuteur. S’il voit que vous doutez, il adaptera son comportement de façon à être le plus crédible possible. Cela aura pour conséquence de restreindre l’apparition d’indicateurs comportementaux. C’est une attitude naturelle. Il a envie d’être cru et fera tout pour que ce soit ainsi. Si vous restez neutre et non soupçonneux, votre interlocuteur restera plus longtemps dans une relation de confiance.
Vous pourrez ainsi percevoir des indices d’inconfort et de réconfort, tels que des auto-contacts, divers rajustements, expirations, changements de rythme, etc. Les indicateurs de stress seront bien plus facilement visibles si la personne à l’impression que vous la croyez, car elle ne cherchera pas à s’autocontrôler.

Étape 5 : consolider

Si la situation le permet, il est prudent de revenir sur cet entretien après s’être donné un peu de temps. Laisser passer quelques jours, ou simplement une nuit, sans informer l’interlocuteur de ce qui va suivre. Une fois l’entretien terminé, la personne rentre chez elle et retourne à ses occupations. Si la situation était un peu compliquée, elle vous quittera avec l’impression d’avoir passé un mauvais moment.

Néanmoins, le temps jouera à son désavantage. Il est impossible de retenir la totalité des détails que l’on peut donner au cours d’un entretien. De plus, la mémoire étant très volatile, elle a aussi tendance à nous jouer des tours. On ne retient pas précisément et objectivement tous les événements. En revenant quelques jours plus tard sur cet entretien, il est probable que l’interlocuteur se contredise sur des points qui semblaient pourtant clairs la première fois.

Il ne s’agit pas de mener un interrogatoire de police. Au cours de la conversation, il suffit d’introduire des questions portant sur tel ou tel point sur lequel on a pu remarquer un doute, une incertitude ou une imprécision. Si cela est fait naturellement, l’interlocuteur ne se doutera de rien, du moins il ne sera pas sur ses gardes. Cela a l’avantage de pouvoir le laisser s’exprimer (verbalement et non verbalement) sans qu’il cherche à contrôler
sa communication.

A lire sur mon site ericgoulard.com

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