Translate

27 janvier 2017

Analyser la tête: Clé 2: le visage

Le visage est directement connecté aux zones du cerveau impliquées dans les émotions. Les mouvements produits par les muscles faciaux sont involontaires. Ils laissent apparaître de nombreux indices de tromperie. La vérité peut se lire sur le visage. Les micro-expressions sont des réflexes extrêmement difficiles à contrôler. Selon Paul Ekman, il y aurait une hiérarchie dans les fuites comportementales, et le visage serait le premier à trahir le menteur, devant le corps et la voix. 

Une personne en situation d’autocontrôle a tendance à freiner ses gestes et ses expressions. On parle alors d’expressions coupées. L’individu se rend compte qu’il est en train de laisser échapper une expression. Il essaie de s’autocontrôler et, donc, de changer l’expression qui apparaît sur son visage.

Les muscles du front sont peu contrôlables et peu maîtrisés. Même les meilleurs menteurs ne peuvent les contrôler suffisamment pour être capables de cacher leurs émotions. Dans une étude décrite par Mark Frank (PhD) dans le Journal of Nonverbal Behavior de février 2011, il a été démontré que certains menteurs peuvent réduire l’apparition de certains éléments de leurs expressions faciales, dans le but de tromper. Dans cette étude, une diminution de la fréquence des sourires a été constatée, ainsi qu’une baisse de l’intensité des expressions. Le front est moins sujet aux variations. Cette même étude montre que les participants ne peuvent pas éliminer complètement les mouvements réflexes pendant les moments critiques d’un interrogatoire. Tous les participants ont affiché au moins un sourire pendant la période critique, indépendamment de l’instruction de supprimer ces sourires. Presque tous les participants ont montré un mouvement du front en dépit des instructions spécifiques pour réprimer ces mouvements. Cela dit, il est possible qu’aucune activité frontale ne soit visible. Si l’individu a subi une intervention chirurgicale sur cette zone du visage, la paralysie de certains muscles ou l’injection de toxine botulique réduit ou annule complètement la visibilité.

Coté décodage, une étude publiée par The University of Southern California a même montré que les personnes ayant reçu un traitement au Botox seraient moins aptes à lire les émotions des autres.

Il est important de ne pas confondre les expressions faciales, liées à une émotion, avec celles qui illustrent le discours. C’est normal que le visage affiche des expressions en relation avec le
message verbal produit.

Les émotions ressenties produisent généralement des expressions faciales symétriques, c’est-à-dire, qui apparaissent simultanément sur le côté gauche et le côté droit du visage. Par exemple, une vraie émotion de joie s’exprimera par un large sourire : les lèvres s’élèvent des deux côtés de la bouche et les yeux se plissent ensemble et ont la même forme.

Si vous observez une expression non symétrique ou légèrement asymétrique, il est possible que la personne essaie de faire croire qu’elle ressent une émotion. Une expression peut être unilatérale : elle apparaît d’un seul côté du visage. Ce n’est pas le signe d’une émotion, mais plutôt d’un emblème. C’est par exemple le cas lors d’un clin d’œil ou d’un gonflement de la bouche d’un seul côté. Il peut aussi y avoir des messages doubles. Deux expressions peuvent apparaître sur le visage, en même temps. Chaque expression exprime un message différent : une expression simulée et volontaire ainsi qu’une expression spontanée et involontaire. Cela correspond à ce que le menteur veut montrer et à ce qu’il chercher à cacher.

La bouche est souriante, signe d’une émotion positive.  
Le regard dévoile une tristesse ressentie. 
La personne simule que tout va bien, mais elle ressent de la tristesse.


Attention, une absence d’asymétrie ne prouve pas que l’expression est réellement ressentie. La durée des expressions est un indicateur de sincérité. Il est possible que l’interlocuteur présente une micro-expression particulièrement longue : entre une demi-seconde et une seconde.

Or, les micro-expressions sont des réflexes, donc extrêmement rapides. Une micro-expression simulée sera souvent trop longue. 

Les expressions sincères durent moins de 5 secondes. Dans une conversation, les interlocuteurs affichent toujours une succession d’expressions. Elles disparaissent immédiatement ou progressivement, pour fondre vers d’autres expressions. Les expressions longues (plus de 5 secondes) sont souvent simulées. Les émotions extrêmement intenses, telles que, la fureur, l’extase ou une dépression profonde peuvent produire des expressions longues, mais sincères.

En revanche, une expression de surprise sera toujours très brève : une fraction de seconde, jamais plus. Si l’expression visible est longue (si elle dure plus d’une seconde), il s’agit très probablement d’une simulation. 

L’expression peut aussi arriver en décalage avec le discours. 

Le verbal suivi d’une expression non verbale est le signe d’une simulation de l’émotion. Si la personne est convaincue par son argumentaire, le geste de sa main se serait produit en même temps que la parole, et pas une seconde après. Le délai est trop long. 

Des expressions fausses, mais convaincantes peuvent se produire, suivies d’expressions non contrôlées. Il peut s’agir de malaises
relatifs à un inconfort ressenti.

Un autre paramètre important est la synchronisation. Lorsqu’on dit la vérité, nos expressions faciales sont synchronisées avec notre langage corporel. Il peut apparaître des problèmes de cohérence entre le verbal et le non verbal. Ces défauts de cohérence apparaissent sur le visage et dans les intonations de la voix. 

Un menteur tente souvent de contrôler ses mots et son visage, mais il oublie de gérer son corps et n’a pas conscience des micro-expressions qu’il émet. En fait, peu de gens ont conscience que ces micro-expressions sont plus que de simples "tics". Le visage peut aussi indiquer un relâchement de la tension. La personne expulse de l’air : sa bouche se gonfle, les muscles du visage se relâchent. Les lèvres peuvent afficher un sourire. 

Quand une personne coupable d’un acte voit qu’une autre est accusée à sa place, elle montre du soulagement. Ses muscles faciaux se relâchent, et elle expulse l’air bloqué dans ses poumons durant la période de stress qui a précédé. 

Un changement de couleur peut aussi être observé. Un rougissement ou un teint subitement pâle sont des indicateurs d’émotions. Les gens rougissent par gêne, honte, embarras, culpabilité ou colère. Un teint pâle peut être généré par la peur ou par un malaise. Les variations de couleur peuvent apparaître à différents endroits du visage.

Les situations d’inconfort, d’énervement, de tensions ou de stress peuvent être à l’origine de microdémangeaisons. Votre interlocuteur a subitement envie de se gratter le visage ou le cou au moment précis où vous lui posez une question qui l’embarrasse. Il a peut- être aussi trop chaud. C’est un indicateur : quelque chose ne va pas. Le point abordé est peut-être un peu sensible. Il peut avoir simplement peur de vous blesser en répondant sincèrement à votre question. Les raisons sont nombreuses et variées. 



Partagez cet article sur les réseaux sociaux pour le commenter.

LES AVEZ-VOUS VU ?